Double lambourdage : quand le faire et comment éviter les déformations
Le double lambourdage (ou double ossature) consiste à croiser deux réseaux de lambourdes : une première couche posée sur le support, puis une seconde couche perpendiculaire (ou parfois diagonale) sur laquelle seront fixées les lames. Ce montage demande plus de matière et plus de temps, mais il peut transformer un chantier “délicat” en terrasse stable, plane et durable.
L’intérêt n’est pas d’en faire systématiquement. L’enjeu est de savoir quand c’est justifié, et surtout comment le réaliser correctement pour éviter les déformations (bosses, creux, vibrations, lames qui travaillent, fixations qui lâchent).
Pour situer cette solution dans l’ensemble des méthodes de structure, vous pouvez lire : Pose sur plots, dalle béton ou lambourdes : quelle structure choisir pour sa terrasse ?
Double lambourdage : à quoi cela sert, concrètement ?
Une ossature simple fonctionne très bien dans la majorité des cas. Le double lambourdage devient pertinent quand il faut :
- rattraper des défauts de planéité plus facilement,
- répartir les charges et stabiliser la structure,
- adapter l’orientation des lames (diagonale, chevrons, motifs),
- sécuriser des jonctions et zones sensibles,
- limiter les mouvements (torsion, tuilage, vibration) en renforçant les appuis.
En clair : c’est une technique “structure” qui vise à obtenir un résultat plus régulier, plus rigide, et souvent plus durable.
Dans quels cas faut-il prévoir un double lambourdage ?
Cas 1 : pose des lames en diagonale (ou avec un motif)
Dès que les lames ne sont plus perpendiculaires à l’ossature, les points d’appui changent. Sans double ossature, on doit multiplier les renforts, ce qui devient vite complexe. Le double lambourdage simplifie l’ensemble : on crée une surface d’appui homogène, et on stabilise les zones de coupe.
Sur ce type de pose, il est conseillé de resserrer les entraxes.
Cas 2 : support irrégulier ou pente
Sur un support qui n’est pas parfaitement plan (terrain, dalle irrégulière, anciennes surfaces), la double ossature permet de corriger progressivement la planéité avec calages et réglages, sans forcer sur une seule ligne de lambourdes.
À compléter avec : Terrasse en pente ou sol irrégulier : quelles solutions de rattrapage de niveau ?
Cas 3 : grande terrasse ou zones très sollicitées
Plus la surface est importante, plus les écarts de niveau se voient, et plus les contraintes mécaniques se répètent. Le double lambourdage apporte une rigidité globale et réduit l’effet “rebond”.
Cas 4 : beaucoup de jonctions de lames (calepinage complexe)
Quand les lames sont courtes ou que le plan crée de nombreuses jonctions, il faut des appuis fiables partout. Une double ossature aide à mieux gérer les aboutages, surtout si vous souhaitez un rendu net et durable.
Pour sécuriser les fixations dans les zones sensibles : Comment fixer ses lames de terrasse : vis inox ou fixation invisible ?
Cas 5 : contraintes d’humidité (ombre, végétation, proximité bassin)
Le double lambourdage peut aider à maintenir une structure plus régulière, à condition de respecter une règle : ventilation maximale et gestion des eaux. Sinon, on crée une “zone humide” plus difficile à sécher.
À relier avec : Terrasse bois et mousses : comment prévenir l’encrassement durablement ?
Comment réaliser un double lambourdage sans déformations
Un double lambourdage se déforme rarement “tout seul”. Les problèmes viennent presque toujours d’erreurs de mise en œuvre. Voici les points clés à respecter.
1) Respecter une logique simple : stable en bas, précis en haut
La première couche doit être solide et correctement supportée (plots rapprochés si besoin, calage propre).
La seconde couche doit être parfaitement alignée et plane, car elle reçoit directement les lames.
Si la base n’est pas stable, la couche supérieure ne fera que “suivre” les défauts et les amplifier.
À ce stade, évitez les pièges classiques avec : 10 erreurs à ne jamais commettre lors de la pose de votre terrasse
2) Ne pas empiler du bois humide / mal stocké
Avant la pose, les lambourdes doivent être stockées à plat, ventilées, à l’abri des remontées d’eau. Beaucoup de déformations apparaissent lorsque l’ossature est posée avec du bois trop humide, puis sèche de manière irrégulière.
3) Protéger le dessus des lambourdes
Pour réduire la stagnation d’eau sur l’ossature, l’idéal est de protéger la face supérieure (bande de protection adaptée). Cela limite les points de rétention d’eau, protège les fixations, et prolonge la durée de vie.
4) Soigner les appuis : calages, entraxes et renforts
- Sur plots : rapprochez les plots sous les zones de charge et sous les jonctions.
- Sur dalle : évitez les points d’appui “au hasard” ; préférez des appuis réguliers, et une évacuation d’eau claire.
- Anticipez les zones de jonction : elles demandent souvent une double ligne d’appui.
Pour cadrer précisément les distances : Entraxe lambourdes & plots : repères selon l’épaisseur des lames
5) Fixer correctement la seconde couche sur la première
Le double lambourdage doit être solidarisé : la seconde couche ne doit pas “flotter”. Une fixation insuffisante crée des micro-mouvements, puis des grincements, puis des fixations de lames qui travaillent.
6) Conserver ventilation et écoulement de l’eau
C’est l’erreur la plus fréquente : une double ossature mal ventilée retient plus l’humidité qu’une ossature simple. Assurez-vous que :
- l’eau s’évacue (pente légère, pas de cuvettes),
- l’air circule sous la terrasse,
- rien ne bouche la ventilation (terre, feuilles, géotextile mal posé, etc.).
Pour l’entretien et la prévention : Comment entretenir une terrasse bois ou composite ?